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Philippe Bourlitio

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Dossier OGM

OGM et résistance aux ravageurs

Philippe BOURLITIO. Édition du 14 mai 2004.

Avertissement

J'ai rédigé la présente synthèse en 1998. Un état des lieux plus récent des recherches sur ce sujet s'impose...

La présence permanente de la toxine dans la culture risque de favoriser l'apparition spontanée rapide de résistance dans la population de ravageurs visée, rendant inutile la variété transgénique. Ce risque soulève la question de rentabilité du développement de telles plantes. Pour pouvoir y répondre, encore faut-il connaître la vitesse de développement de ces résistances : on estime que ces plantes seront efficaces pendant 5 ou 10 ans. Mais leur espérance de vie pourrait être allongée par une gestion de la répartition des parcelles transgéniques au sein des exploitations. Maintenir des cultures non transgéniques autour de la parcelle transgénique permettrait de préserver un effectif de ravageurs non résistants suffisant. Dans quelles proportions ? Un interlocuteur m'avançait le chiffre de 30% (donnée non vérifiée) de la surface cultivée la part de cultures transgéniques. Est-ce intéressant pour les agriculteurs, sachant d'autant plus que les cultures avoisinantes seront contaminées par flux de gènes ?

Si la résistance des ravageurs ne suscite que de simples considérations financières, il en va tout autrement de la transmission du gène à des plantes sauvages. En effet, celle-ci peut avoir des conséquences sur l'environnement. Si le transgène s'exprime dans une population de plantes sauvages qui l'a acquis par flux de gènes, l'avantage sélectif qu'il conférera pourra entraîner des réactions en chaîne : expansion de la population porteuse du transgène, disparition de plantes concurrentes pour les ressources du milieu, disparition ou prolifération de la faune associée. Contrairement à l'agriculture traditionnelle, les perturbations de l'environnement s'étendraient ici au-delà des surfaces cultivées. L'ampleur des disparitions d'espèces est difficile à estimer.

Enfin, la présence de la toxine pourrait avoir des conséquences sur des insectes utiles, dits non-cibles, comme par exemple les abeilles, ce qui aurait des répercutions dommageables sur la pollinisation de certains végétaux, cultivés ou non. Toutefois, des tests effectués en laboratoire n'indiquent aucune conséquence sur les insectes utiles dans les conditions d'utilisation normale. On peut même considérer que l'utilisation de cette lutte ciblée sera moins dommageable pour la faune non-cible que les pesticides classiques, ayant un spectre d'action plus large. Il est indispensable que ces tests soient effectués sur chaque nouvel OGM et avec les insectes utiles de la région où il sera cultivé.

Page créée le 14 mai 2004. Dernière édition le 14 mai 2004.
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Vos réactions

#1

bon article

de Ryuujin, le 23 juin 2006, 16:02:27

Bon article ( félicitation pour la synthèse ).

toutefois, j'ai tické sur un point :

"Si le transgène s'exprime dans une population de plantes sauvages qui l'a acquis par flux de gènes, l'avantage sélectif qu'il conférera pourra entraîner des réactions en chaîne"

quel avantage sélectif ?

pour qu'il y ait avantage sélectif, il faut :
1) que la production de BT soit efficace. C'est déjà pas toujours le cas en champs, alors en pleine nature.

2) que le cout métabolique de la synthèse du BT ne plombe pas le tout, car il n'est pas négligeable en terme de sélection il me semble.

3) que les parasites majoritaires dans ce nouvel environnement soient les mêmes qu'en champs. J'en doute également.

4) que des pratiques culturales par exemple limitent l'apparition chez dces parasites de résistances. Ce qui ne serait pas le cas en pleine nature ; si une adventice résistante venait à proliférer, des parasites résistants viendraient probablement limiter, voire réduire à néant l'avantage sélectif. C'est ce qui explique la rareté des super-végétaux dans la nature, car faut-il le rappeler, presque tous les végétaux ont leurs propres moyens de défenses, synthétisent leurs propres insecticides etc...
Le BT en est un de plus chez les OGM BT, mais pas le premier.


D'ailleurs, si vous avez suivit l'actualité, on a vu dernièrement un cas de dispersion incontrôlée d'insert "BT" au Mexique, et 4 ans après, sa disparition. Même en champs, ça n'a pas donné de supervégétaux.

Bien sûr, c'est un exemple, pas une règle générale...

Enfin, ne parlez donc pas aussi affirmativement d'avantage sélectif : ce genre de notion n'a rien d'absolu, un avantage en champs ( et encore : dans quels champs ? pas tous d'après l'expérience du coton BT en Inde ) n'est pas nécessairement ( voire est rarement ) un avantage hors champs.

Commentaire jugé pertinent à 100% (2 votes).

#2

On avance un peu sur la question

de Philippe Bourlitio icon, le 13 février 2008, 11:28:15

Voilà 10 ans que j'ai rédigé la synthèse ci-dessus. L'actualité apporte quelques éléments de réponse, encore assez maigres à mon goût :
voir "OGM : Un papillon fait de la résistance"
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/genetique-1/d/ogm-un-papillon-fait-de-la-resistance_14543/

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