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Philippe Bourlitio

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Notre démocratie souffre. Nous en sommes malades.

Philippe BOURLITIO. 26 octobre 2005.

Le Sénat vient de remettre son rapport sur l'amiante [1]. Il y est annoncé entre 20 et 100 000 morts dans les prochaines années ! La gestion par l'État y est clairement mise en cause, ce qui n'est pas surprenant quand on sait que le caractère cancérigène de l'amiante était clairement démontré dans les années soixante-dix et que c'est seulement en 1997 qu'a été interdit son usage en France.

Il est déplorable de constater que les crises sanitaires continuent de s'enchaîner et que les leçons ne sont toujours pas tirées. Et d'autres crises se dessinent à l'horizon. Dans un ouvrage commun qui vient de paraître [2], André Cicolella, chercheur en évaluation des risques sanitaires, et Dorothée Benoît-Browaeys, journaliste scientifique, attirent l'attention sur des produits dont on n'entend absolument pas parler aujourd'hui, alors qu'ils représentent une menace tout aussi sérieuse que l'amiante. Ainsi, les bois agglomérés qui sont utilisés en ameublement libèrent du formaldéhyde, une substance volatile qui a été classée il y a un an comme cancérigène et dont on sait aussi qu'elle est la cause de divers troubles respiratoires ! Du fait de cette substance et de bien d'autres, nos intérieurs sont finalement plus pollués que les rues de nos villes. Autre exemple, les problèmes de santé causés par les pesticides. Vous pensiez qu'ils étaient l'apanage des agriculteurs ? Une étude visant à montrer la présence de pesticides organophosphorés dans notre environnement a montré que 50% des enfants des villes en ont sur les mains...

Sur tous les fronts, les chantres du libéralisme soutiennent qu'il faut absolument prendre le train en marche pour ne pas être irrémédiablement largués. Les écolos quand à eux affirment qu'à ce rythme, on va droit dans le mur. Et nous comptons les points. À mon avis, les premiers ont conscience de ce mur. Ce qu'ils soutiennent implicitement, c'est qu'il faut pousser la machine suffisamment fort pour qu'elle le défonce et passe au travers, peu importe le nombre de victimes que cela pourra causer ! La survie économique de notre pays serait à ce prix.

Soyons donc altruistes : consommons et rendons nous malades. Ce programme ne vous convient pas ? Mais comment faire autrement ? Comment infléchir les logiques qui sont à l'½uvre derrière ces crises ? Il faudrait pouvoir garantir l'indépendance des experts et permettre le débat contradictoire. Il faudrait également exiger que les études de toxicité soient menées, protéger les lanceurs d'alerte. Pour André Cicolella, cela passera par la création d'une haute autorité de l'expertise, garante des procédures d'évaluation. Cela suffira-t-il ? On entend dire qu'il faudrait redonner à notre parlement des moyens dignes de ce nom. Il faut bien reconnaître que ses rapports s'accumulent sans que rien ne change. Pour ma part, la situation ne s'améliorera pas sans l'éducation et la participation citoyennes [3].

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Vos réactions

#1

les vieux et les jeunes

de ltsp, le 27 octobre 2005, 18:52:16

Salut,

Je pense que les personnes qui dénigrent les dangers de diverses matières bien répandues sont sous l'influence de l'"esprit de la modernité". J'ai pu voir cet esprit lors d'une exposition sur les publicités et affiches des produits "phytosanitaires" : incroyablement naïves, elles promettaient tout simplement le bonheur sur terre. Les libéralistes croient encore que ce genre de miracle est possible. De plus ce sont des personnes qui n'ont bien souvent aucune éducation à l'environnement, et ne voient que l'argent. Comme les consommateurs aussi qui ne voient 9 fois sur 10 que l'argent.
Je pense que pour de tels quinquagénaires, il n'y a plus rien à faire : ils ne changeront plus, leur idéal demeurera celui des années 70 : abondance et insouciance. Seuls les générations suivantes peuvent comprendre la valeur d'un principe de précaution, et la préservation de la qualité de l'environnement, car il est possible qu'ils en voient, de leur vivant, les conséquences négatives. Moi par exemple, je verrai la fin de la société du pétrole, c'est clair et net. Et je sais qu'en ce moment même je m'intoxique petit à petit avec diverses molécules cancérigènes. C'est attristant, mais ça donne envie d'agir.

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#2

de Schreider, le 18 novembre 2005, 18:42:38

Bonjour,

Tout d'abord je dois préciser que mon métier est en rapport avec les conditions de travail.

Le problème de l'amiante démontre la faiblesse de notre système, incapable de gérer les problèmes de santé publiques.

Je n'ai rien à rajouter car je me sens bien impuissant face à des sujets comme celui-ci, et ce n'est q'un exemple car les décès liés aux goudrons vont bientôt devenir inquiétants.

Un seul détail que j'ai relevé dans le dernier commentaire, ici il faut parler de principe de prévention car nous connaissons les effets de la substance chez l'Homme, comme dans le cas de la grippe aviaire où les médias se plantent de terme depuis le début.
Le principe de précaution est utilisé lorsqu'on évite qu'un risque inconnu scientifiquement n'entre en contact avec les populations.

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Références

[1] Le drame de l'amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l'avenir. Rapport d'information n° 37 (2005-2006) de MM. Gérard DÉRIOT et Jean-Pierre GODEFROY, fait au nom de la mission commune d'information, déposé le 20 octobre 2005.
http://www.senat.fr/rap/ r05-037-1/ r05-037-1.htm

[2] André Cicolella , Dorothée Benoit-Browaeys. Alertes santé. Experts et citoyens face aux intérêts privés. Fayard, 2005, 422p.

[3] Projet d'association. Debats-science-societe.net, 25 février 2005.
http://www.debats-science-societe.net/dossiers/ association.html

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